L’ENSEIGNEMENT DU FAIT NUCLÉAIRE EN PREMIÈRE SES

L’enseignement du fait nucléaire en Polynésie française dans le cadre des Sciences Économiques et Sociales

fait-nucleaire-SES

Partie Science économique

Comment les agents économiques se financent-ils ?

Savoir que le solde budgétaire résulte de la différence entre les recettes (fiscales et non fiscales) et les dépenses de l’Etat; comprendre que le déficit budgétaire est financé par l’emprunt et savoir qu’une politique de dépenses publiques peut avoir des effets contradictoires sur l’activité (relance de la demande/effet d’éviction)

Il s’agira de mettre en évidence la part des dépenses liées aux essais nucléaires dans le budget des administrations publiques depuis 1960 ainsi que la part de la « dette nucléaire » (Dotation Globale d’Autonomie) dans les recettes (ou le budget) de l’Etat.

Partie Sociologie et science politique

Comment la socialisation contribue-t-elle à expliquer les différences de comportement des individus ?

Comprendre comment les individus expérimentent et intériorisent des façons d’agir, de penser et d’anticiper l’avenir qui sont socialement situées et qui sont à l’origine de différences de comportements, de préférences et d’aspirations.

Il s’agira de mettre en évidence la dynamique d’acculturation : comment la culture polynésienne s’est-elle transformée au contact de la culture occidentale française depuis l’implantation du CEP en Polynésie Française.

Quels sont les processus sociaux qui contribuent à la déviance ?

  • Comprendre que la déviance et/ou la désignation d’un acte comme déviant se définissent comme une transgression des normes et qu’elles revêtent des formes variées selon les sociétés et, en leur sein, selon les groupes sociaux.
  • Comprendre que la déviance peut s’analyser comme le produit de différents processus sociaux (étiquetage, stigmatisation, carrières déviantes).
  • Comprendre et illustrer la distinction entre déviance et délinquance.

On abordera la réhabilitation de Mr Pouvanaa a Oopa, leader autonomiste et opposant aux expérimentations nucléaires en Polynésie Française accusé à tort à des condamnations d’emprisonnement et d’interdiction de séjour en Polynésie Française.

Comment se forme et s’exprime l’opinion publique ?

Comprendre que l’émergence de l’opinion publique est indissociable de l’avènement de la démocratie : d’abord monopole des catégories « éclairées », l’opinion publique est désormais entendue comme celle du plus grand nombre.

On évoquera la mobilisation contre les essais nucléaires : du groupe minoritaire au plus grand nombre.

Voter : une affaire individuelle ou collective ?

– Comprendre que la participation électorale est liée à divers facteurs inégalement partagés au sein de la population (degré d’intégration sociale, intérêt pour la politique, sentiment de compétence politique) et de variables contextuelles (perception des enjeux de l’élection, types d’élection).

On montrera que la position politique par rapport au nucléaire est liée à plusieurs critères : âge, lieu d’habitation, PCS, diplômes, ….
On mettra en évidence le nucléaire comme enjeu des élections.

Comment l’assurance et la protection sociale contribuent-elles à la gestion des risques dans les sociétés développées ?

  • Connaître les principaux types de risques économiques et sociaux auxquels les individus sont confrontés (maladie, accident, perte d’emploi, vieillesse).
  • Comprendre que l’exposition au risque et l’attitude face au risque (perception du risque, aversion au risque, conduites à risque) diffèrent selon les individus, les groupes sociaux et les sociétés, et être capable de l’illustrer par des exemples.
  • Connaître le rôle des principales institutions qui contribuent à la gestion des risques (famille, sociétés et mutuelles d’assurance, pouvoirs publics).

On se posera la question de savoir si l’exposition aux radiations a été reconnue comme un risque du travail.
On évoquera la possible exposition au risque de radiation des populations civiles des îles avoisinantes.
On précisera l’apparition de la notion de risque et du basculement du « risque » nucléaire au risque « social » ainsi que sa prise en charge par les pouvoirs publics (on évoquera les différentes institutions de prévention, de mutualisation, …).
Il s’agit donc de mettre en évidence la construction sociale et politique du « risque nucléaire » ainsi que sa gestion collective (par la Caisse de Prévoyance Sociale, par le Comité d’Indemnisation de Victimes des Essais Nucléaires, …).